Test : Dragon Age Origins
Autoproclamé comme le digne successeur du cultissime Baldur’s Gate II, Dragon Age arrive entre nos mains par la grande porte. Après quelques nuits blanches traversées et des litrons de café avalés, voici notre verdict.
C’est la guerre ! Une routine dans le jeu vidéo mais ici, ça ne rigole pas. Les ennemis n’ont aucune pitié, le sang gicle sur les armures à la base flambant neuves et même la veuve et l’orphelin ne sont pas à l’abri de servir de diner à des créatures venues de l’enfer. Voici donc le monde de Dragon Age : Origins, où vous incarnerez un guerrier parmi tant d’autres qui aura comme seule solution pour contrer l’ennemi que rassembler les peuples de ce monde contre un mal infernal. Un scénario très basique avouons-le mais loin d’être mauvais, ou alors on peut se mettre à critiquer celui du bouquin de Tolkien (vous connaissez ?) vu que l’ensemble du background tourne plus ou moins dans le même sens : des gentils très gentils, des gentils un peu moins gentils, des méchants plutôt gentils, mais un grand balaise à buter pour rétablir la paix. Clair et net.
Bioware oblige, RPG occidental également, vous aller créer votre personnage en début de partie. Seuls trois races sont disponibles (humain, nain, elfe), ainsi que trois classes (guerrier, voleur, elfe). Basique ? Bon, c’est vrai que beaucoup auraient voulu incarner un ogre bourrin ou un barbare à l’ancienne, l’humain guerrier étant de classe noble, ce qui nous obligera à nous coltiner un début d’aventure entourée d’une famille de neuneus hautains. Car oui il faut bien justifier le titre (Origins) : selon vos choix de création de départ, vous aurez accès à un prologue propre qui durera entre une et deux heures selon votre envie de tout fouiller. Conséquence de cela, il faudra faire plusieurs fois l’aventure pour tous les voir et parallèlement débloquer une poignée de succès. Après ce petit laps de temps, les différentes introductions se rejoignent en un seul point : le début de l’aventure et la quête du rassemblement. Ce qu’il y a d’intéressant, et contrairement à des titres du même développeur comme Star Wars Knight of the Old Republic ou Mass Effect, c’est que le choix de vos alliés a une importance capitale si vous ne souhaitez pas avoir un groupe qui passe 90% de son temps à se « chamailler » dans votre dos. Ça reste certes un poil moins important que dans Baldur’s Gate II, où certains de vos alliés pouvaient vraiment péter un plomb rien qu’au fait de vous voir chef, mais il vaudra mieux se faire une équipe où chaque esprit vogue dans le même sens. J’explique. Admettons que vous soyez, comme moi, une guerrière humaine sympa mais qu’on ne doit pas non plus trop gonfler. Vous avez dans votre équipe le blondinet marrant mais niais et puceau de surcroît (véridique) mais également une mage noire de la forêt qui se fout de l’intérêt des autres si ce n’est pas en adéquation avec le sien. Un fait se présente alors à vous : libérer un puissant guerrier meurtrier pour en faire un allié de choix, vous obligeant à menacer la gentille petite doyenne du village de vous refiler la clé de la cage. Le guerrier est puissant et ses jugements vont bien avec la magicienne mais les méthodes ne plaisent pas au blondinet, qui vous estimera un peu moins, ce qui est dommage vu que vous souhaitez lui apprendre à se servir de son entrejambe (et débloquer un autre succès en passant). Ce genre de quiproquo, vous en rencontrerez quelques tonnes dans l’aventure et il sera difficile de mettre tout le monde d’accord.
Si le cheminement principal vous prendra déjà quelques bonnes dizaines d’heures, il reste toujours intéressant comme dans la plupart des jeux Bioware de s’attarder sur le reste de la route. En effet, la plupart des recoins, et principalement les villes, regorgent de PNJ demandant de l’aide pour un médicament, une personne à retrouver, une autre à convaincre voir quelques monstres à éliminer. Quelques tonnes de quêtes annexes qui seront en plus compléter par ce qu’on pourrait appeler des « points centraux secondaires » où on pourra enchaîner à loisir quelques missions venant directement de hautes instances, comme le cercle des mages. Pour le reste, évoluer dans les divers recoins de la carte procure un certain plaisir par l’aspect découverte qui nous rappellera, encore une fois, les bons moments de la saga Baldur’s Gate. L’ambiance sonore y est pour quelque chose, avec d’excellentes musiques et un doublage français de bonne facture, hormis un petit problème : on se demande pourquoi les développeurs ont omis de doubler le héros de l’histoire, choquant si on sort d’une partie de Mass Effect. Il y a deux manière de jouer à Dragon Age : Origins, chacune directement liée au niveau de difficulté choisi. Jouer en mode facile ou normal fait peut être lâche aux yeux de certaines personnes de la communauté, mais il permet alors d’éviter de se prendre la tête dans les multiples statistiques et d’avoir soudainement affaire à une sorte d’action-RPG, proche du diablo-like j’ai envie de dire où ce sera souvent l’équipement ramassé qui fera la différence. On peut du coup progresser tranquillement en s’attardant essentiellement sur le scénario et tout ce qui l’entoure sans avoir à bloquer bêtement devant un groupe d’adversaire un peu trop puissant pour notre groupe. Evidemment, choisir de jouer en difficile en en avancée a également ses qualités, comme faire face à un challenge assez important directement lié au système de jeu. Là, impossible de se lancer dans la bataille sans devoir au préalable réfléchir sur le genre de l’ennemi, le nombre d’adversaires et ce afin de savoir qui servira de tank pour aller au front, qui usera des bonnes magies, et qui restera en arrière pour les soins. Même un simple piège au sol peut devenir fatal, autant dire que la progression se fait à pas de loup, démultipliant forcément la durée de vie. Il faut aussi savoir que du coup, vous devrez prendre en main un système complet de programmation de l’IA de vos alliés, du genre quelle action devront-ils effectuer pendant telle situation. Ça rappelle un peu les « Gambits » de Final Fantasy XII et autant dire que si vous n’avez pas aimé ce système à l’époque, ce sera pire ici.
Dans tous les cas, l’un des points essentiels de l’ensemble du jeu reste les compétences que vous allez acquérir au fur et à mesure de votre montée en expérience. Autant vous le dire de suite, il faudra encore faire des choix, éventuellement en fonction de votre façon de jouer. Evitez donc de vous attarder par exemple sur les fonctions d’éloquences si vous n’avez pas l’intention de développer votre ruse en gagnant un niveau. De toute manière, l’arbre de compétence de base (quasi identique à tous) aura suffisamment de chose pour que chaque classe y trouve son compte : le guerrier aura droit à l’augmentation de puissance ou aux fonctions stratégiques en combat, les mages retrouveront l’essentiel de la préparation de potions et autres, tandis que le voleur pourra se tourner vers le vol ou la pose de pièges. Evidemment, rien ne vous empêche de faire un héros légèrement « mixé » pour peu vous augmentiez les bonnes caractéristiques (force, dextérité, etc.). Dernier point, augmenter de niveau vous permettra de temps à autre d’accéder à un second arbre, celui des talents. Propre à chaque classe, il permet de perfectionner son gameplay, comme la maîtrise d’un certain style de combat pour les guerriers (épée + bouclier, épée à deux mains ou épée dans chaque main), les attaques spéciales ou la furtivité pour le voleur, et enfin l’ensemble des arcanes pour le mage, que ce soit les attaques d‘éléments (feu, glace, éclair….) ou les sorts de soins. Comme ce n’est pas terminé, on rajoutera qu’en fouinant bien et en parlant aux bonnes personnes, il sera possible de se spécialiser dans ou plusieurs classes bonus pour acquérir de nouveaux talents (barde, métamorphe, templier, etc.). De quoi faire. Pour terminer, revenons-en au niveau de la création de votre personnage afin de rassurer ceux qui, comme moi, passent deux heures à vouloir créer un personnage parfait, ce qui est tout bonnement impossible dans le genre. Il vous manquera toujours une belle capacité inaccessible si vous avez pris telle ou telle classe, le genre de chose assez frustrant pour beaucoup, surtout dans des titres comme les Elder Scrolls. Et pourtant ici, on pourra se rattraper sur le fait que parmi tous vos compagnons, il y en aura au moins un qui possédera l’une des capacités qu’ils vous manquent. N’ayez donc pas peur de créer un guerrier ou un mage qui sera incapable d’ouvrir un fichu coffre puisqu’il suffira de mettre Léliana dans votre équipe pour qu’elle se charge du crochetage à votre place.
Au final, il sera difficile de laisser passer cette nouvelle petite bombe de Bioware. Les petits défauts sont présents (voir plus bas) mais les qualités tellement nombreuses que le titre parvient à s’imposer comme une des références du RPG occidental sur console. Attention tout de même, le titre est complètement différent d’un Oblivion (pas de temps réel, moins immersif) et propose un système d’ensemble bien plus proche des règles classiques des D&D. En tout cas, cela faisait longtemps qu’on avait pas eu un titre dans cette veine, prouvant une fois encore le talent des équipes de Bioware. Plus qu’à attendre Mass Effect 2 maintenant.
NOTE : 9/10
Les + : - Un background énorme - Plus de cent heures de jeu facile - Un système de jeu adapté pour tous - Des personnages très intéressants - Ambiance sonore - Un DLC offert dans la boîte (ainsi qu’une armure)
Les - : - Aurait pu être bien mieux techniquement - Pas de doublage pour le héros - Il manque la vue aérienne - Quelques bugs - Foutu donjon de l’Immatériel !
Rédigé par Deus le 07-12 à 01:52 Retour a l'accueil
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